LorraineAirport a besoin de se développer

12 janvier 2017

tour de controle LorraineAirport photo JP COUR

Depuis 25 ans, l’aéroport lorrain cherche à décoller. Il se tourne vers de nouveaux outils et procédures.

L’aéroport lorrain ne fermera pas en 2017. C’est l’un des messages du président du Grand Est, Philippe Richert, lors de ses vœux à la presse. En effet, après une année catastrophique pour l’aéroport lorrain en termes de fréquentation du fait de la fermeture de certaines lignes (-28 %) mais aussi en raison de travaux.

En effet, du 29 février au 6 avril 2016, le trafic a totalement été interrompu sur la plateforme lorraine afin de permettre une réfection de la piste. Ceci avec pourtant un effort important pour réduire le temps de fermeture de la piste puisque initialement prévus jusqu’au 15 avril, les travaux ont finalement été achevés avec près de 10 jours d’avance. Durant 37 jours, entre 50 et 80 ouvriers ont œuvré par tous les temps sur les 3.050 mètres de piste où une cinquantaine de camions se sont relayés pour couler plus de 30.000 tonnes d’enrobés pour un coût de 3,5 millions d’euros.

Quatre outils de relance

Autre handicap lié cette fois à la situation géopolitique, la non programmation en 2016 des vols vers la Tunisie et la Turquie l’été ainsi que vers le Maroc l’hiver. Le trafic a finalement atteint 231.220 passagers en 2016. S’ajoute à cela des remous sociaux au sein du personnel de LorraineAirport qui viendrait d’une gestion trop rigide de la direction assurée par Françoise Herment nommée à ce poste par l’ancien président de la Région lorraine, Jean-Pierre Masseret. Viennent ensuite la réduction de 30 pour cent du nombre de personnels attachés au site lorrain. <<C’est vrai, l’aéroport est contesté par certains>>, explique Philippe Richert. <<Je ne suis pas actuellement pour la fermeture de cet outil économique dans le Grand Est. J’en assure aujourd’hui la présidence et je sais qu’un outil économique peut coûter de l’argent>>, ajoute-t-il, se voulant rassurant. Pour autant, le président Richert met tout de même la pression sur cette plateforme puisque l’on est passé de 2,3 millions de subvention de la région à 1,3 millions d’euros aujourd’hui. Mais cet aéroport reste stratégique dans le Grand Est puisqu’il est le seul aéroport lorrain et qu’il se situe à la troisième place, en termes de fréquentation derrière Mulhouse et Strasbourg en Alsace mais devant Vatry en Champagne-Ardenne.

Cet ensemble d’éléments conduit aujourd’hui Philippe Richert à exiger que l’aéroport réalise ses objectifs en 2017 afin que la région poursuive son soutien à cette infrastructure. Cela comprend une hausse de sa fréquentation tant dans le domaine des passagers que de son trafic aéronautique. Ici, les chiffres restent discrets et l’aéroport comme la région ne tiennent à communiquer les chiffres. Globalement, il serait attendu une augmentation de ces trafics de dix pour cent. Pour cela, le président Richert mise sur quatre « outils » qui pourraient pérenniser le site : d’une part l’achat d’un simulateur de vol qui aura pour but de former les pilotes des petites compagnies sur les beechcrafts, la rénovation des infrastructures, l’ouverture de nouvelles et lignes et, enfin, consolider l’aéroport comme une plateforme de soutien complémentaire aux autres aéroports de la grande région transfrontalière. Ici, il visait l’aéroport du Findel, au Grand-Duché, dont les travaux devraient démarrer en 2017 et être parachevés en 2020. <<Mon objectif est de créer ici une logique d’aéroports de soutien dans le cadre d’une chaîne crédible de complémentarités>>, assure Philippe Richert pour clore. Toutefois et gros bémol, cet aéroport qui est validé par la règlementation internationale pour être une piste ouverte 24 heures sur 24 ne l’est pas en fait. Dès 20h 30, la piste est fermée… faute de personnels.

Jean-Pierre COUR

 

Photo de LorraineAirport © JP COUR

 

Les commentaires sont fermés.