Le marché de l’art lorrain

23 mars 2017

L'Impruneta Callot Jacques

Après les fêtes de la fin d’année 2016, le marché de l’art est resté quelque peu atone début 2017. Ce sont 164 œuvres concernant les artistes régionaux qui sont passées dans les salles de ventes françaises et étrangères.

Quelques ventes se sont faites pour ce peintre, hors du commun pour l’époque, François de Nomé originaire de Metz (1593/1644), appelé aussi Monsù Desiderio lors de sa collaboration avec son compatriote messin Didier Barra. Parmi les œuvres aux sujets fantastiques reproduisant des paysages post-apocalyptiques que le peintre réalisa à Naples, la grande toile (97,2 cm x 120 cm) à l’huile sur toile intitulée « Caprice architectural » précurseur et qui fait écho aux surréalistes du siècle dernier. Cette toile était présentée à New York le 26 janvier par la maison Sotheby’s et il fallait investir 37.523 euros pour l’acquérir. Il est à savoir que le musée de Metz dispose de deux toiles du peintre mais que le grand collectionneur de cet artiste n’est autre que Claude Puhl, ex-patron du Républicain Lorrain.

Même période mais dans un style très différent, le graveur à l’eau forte lorrain Jacques Callot, né à Nancy en 1592 et mort dans la même ville le 24 mars 1635. Pour ceux qui s’en souviennent, c’était une sorte de journaliste avant l’heure qui illustra avec talent mais aussi un souci de réalisme la guerre de Trente Ans. Il était représenté à New York cette fois chez Christie’s par cette illustrissime eau forte « La foire de l’Impruneta » (voir l’illustration) avec sa multitude de personnages sur une place d’une bourgade proche de Florence. Cette superbe épreuve a été acquise pour 9.316 euros le 25 janvier.

Les Vosgiens ont la cote

Trois siècles plus tard, la Lorraine voyait se regrouper autour de Nancy un groupe de créateurs, peintres, sculpteurs, graveurs et verriers. Emile Gallé en fut le chef d’orchestre, et parmi ses multiples créations de verreries ou de meubles, on peut citer ce « Vase aux chrysanthèmes et mante religieuse » que la maison Leclere proposait à la vente le 20 janvier dernier à Paris-Drouot. Cette réalisation du verrier lorrain au fin décor émaillé polychrome sur cristal fumé fut un succès de la vente et il fallait investir 31.900 euros pour s’en porter acquéreur. De cette même Ecole de Nancy, l’ébéniste Louis Majorelle était l’auteur d’une belle vitrine en acajou, palissandre et bois fruitiers. D’une hauteur de 210 cm sur une largeur de 105 cm, un amateur éclairé portait l’enchère à 14.000 euros le même jour toujours chez Drouot.

Parmi les enchères beaucoup plus modestes, Il est à noter le « Portrait de jeune femme », peinture allégorique de l’automne d’Adolphe Yvon cédé à Troyes le 28 janvier pour 450 euros. Il est possible de citer encore cet autre portrait d’un « Jeune garçon » peint par Jean-Joseph Vaudechamp (20 décembre 1790 – 4 août 1864), ce peintre vosgien qui avait quitté la Lorraine pour travailler aux Etats-Unis à la Nouvelle-Orléans en Louisiane. Ce portrait typique de la mode du XIXe siècle était soumis aux enchères le 19 janvier dernier à New York chez Christie’s et trouvait preneur pour 4.519 euros. Citons encore un autre vosgien Charles François Pensée ((1799 – 1871) qui a créé une multitude d’aquarelles à sujet alpestre. Un grand et lumineux modèle faisait l’objet d’enchères le 10 janvier par l’étude Semont et Philocale non loin d’Orléans. Cette belle aquarelle était cédée pour 470 euros.

Jean-Pierre COUR

En photo : La foire de l’Impruneta, de Jacques Callot.

Les commentaires sont fermés.