Abbé Daniel Isel : futur directeur au Grand Séminaire

29 mai 2021

En poste à Seppois depuis bientôt cinq ans, l’abbé Daniel Isel s’apprête à quitter le Sundgau. Le 1er septembre, il deviendra directeur au Grand Séminaire de Strasbourg.

Manière de dire qu’une partie de sa vie est désormais enracinée dans la vallée de la Largue. Là où il a passé ces cinq dernières années. Un coin du Sundgau que certains, avec une dose de condescendance, n’hésitent pas à qualifier de «profond ». Un territoire rural, c’est vrai, avec en toile de fond la frontière suisse toute proche. «J’ai vécu des choses fortes par ici. Je cite par exemple les baptêmes des enfants de couples dont j’ai célébré le mariage quelques années plus tôt». L’une des particularités de sa mission ? L’abbé Isel officiait dans cinq églises (à Pfetterhouse, Largitzen, Bisel et dans les deux Seppois).Après une année diaconale à Obernai, un poste de vicaire à Truchtersheim puis à Neudorf, l’abbé Daniel Isel a été nommé curé à l’extrême Sud de l’Alsace, à Seppois. C’est désormais un retour aux sources qui l’attend : le Strasbourgeois de naissance va bientôt se rapprocher de sa famille et de ses amis. «Des amis, je vais en laisser derrière moi également », nuance le prêtre.

Mais ce secteur est l’un des derniers du diocèse qui ne soit pas encore organisé sous la forme d’une communauté de paroisses. L’abbé avait pourtant posé les bases d’une entente par delà les clochers, en formant une équipe d’animation pastorale. Juste avant que le Covid ne viennent ralentir, inexorablement, le processus qui devait mener vers une communauté. Un peu comme si le père Daniel avait planté un arbre, sans qu’il ne puisse en récolter les fruits. «Mais ce sera un bel arbre», assure le prêtre à l’adresse de son successeur. C’est l’abbé Damien Mekpo, de la communauté de paroisses des sources de la Bruche, qui le remplacera à la fin de l’été.

S’il vit son départ comme «un déchirement», il ressent «un véritable enthousiasme, mais aussi une responsabilité» à l’heure d’aborder sa nouvelle mission. Sa charge : la formation des futurs prêtres du diocèse. Lui qui vient de suivre une formation de quatre ans consacrée à l’anthropologie chrétienne a soif d’apprendre, mais aussi le goût de transmettre.

La tâche ne s’annonce pas facile. «De nos jours, il faut être courageux pour envisager de devenir prêtre», constate l’abbé Isel. Pour appuyer ses propos, il parle d’une société qui se sécularise, d’une période, où les églises se vident et où on demande aux curés de prendre en charge des communautés de paroisses de plus en plus vastes. Il y a aussi les affaires, notamment de pédophilie. Qui sont le fait d’une infime minorité de prêtres, mais jettent l’opprobre sur toute l’Eglise. «Aussi graves soient-ils, ces scandales ont écorné l’image de tous les prêtres», déplore le père Daniel Isel, qui remplacera l’abbé Sébastien Philipps au Grand Séminaire.

Il aura en charge les 14 séminaristes qui se préparent à devenir prêtres. «Je vivrai avec eux au quotidien, partagerai les repas, les temps d’études, d’autres moments de convivialité. Je serai aussi là pour écouter et tenter de répondre aux moments de doute», explique l’abbé Isel, qui entend jouer un rôle de «paternité spirituelle », pour guider vers les séminaristes vers l’ordination.

G.T.

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